Le Barbier de Séville

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Commedia en deux actes Musique de Gioacchino Rossini Livret de Cesare Sterbini Création : Rome, 20 février 1816 Le personnage central de cet opéra : Rosina - forteresse inaccessible volontairement installée et entretenue par Bartolo conforté par une société machiste. De cette "prison dorée", Rosina nargue ceux qui l’ont enfermée, sûre de la force de son caractère et de la supériorité de son sexe. Et les vagues successives du crescendo rossinien viendront se casser sur ce rocher sans l’ébranler, la confortant plutôt dans la certitude de sa supériorité.Dans cet opéra donc, des hommes autour d’une femme, à l’assaut d’une femme ou de La femme, ici Rosina en dompteur des sens. On chante sous son balcon, on fanfaronne avec peignes et ciseaux, on tempête toujours plus fort qu’on est plus faible, on mime la calomnie qui rampe, on escalade des échelles immatérielles pour femme imprenable… Bref, Rossini nous montre les ravages de la chair chez des hommes esclaves de leur désir irrépressible. Le dispositif : Rosina dans une cage, haut placée sur un praticable, sorte de piédestal, et encore plus haut perchée sur un tabouret de bar ou une balançoire, entourée d’objets féminins mais également d’un fouet ! Elle est cachée par une série de tissus tendus sur des cordes à linge – référence à l’Espagne - ou mieux, par un tissu accroché à une tringle arrondie l’emprisonnant dans une sorte de « burqa » de salle de bains ! Autour de la cage, des meubles démesurés dans un espace masculin où l’on se bouscule, se maltraite, se ment, se bat…pour mieux attirer son attention. Jusqu’à l’assaut final ! Les personnages : caricaturaux jusque dans leurs tics, leurs tocs, sauf Rosina délicieusement féminine, sauvagement équilibrée, comme une "chatte sur un toit brûlant" ! Les costumes aux formes parfois anciennes seront traités dans des matières modernes avec des imprimés délirants osant des gazons chatoyants, faisant clairement comprendre la fonction de chacun et le côté intemporel de cette farce indémodable !