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LA TRAVIATA

Opéra en 3 actes 


Livret de Francesco Maria Piave d’après Alexandre Dumas-Fils


Musique de Giuseppe Verdi

Création : Venise, Teatro La Fenice, 6 mars 1853

Durée : 2h45 entracte compris

 

Chanté en italien, surtitré en français

De La Dame aux caméliasLa Traviata

 

Au cimetière de Montmartre, cette épitaphe semble veiller sur le sommeil de Marie Duplessis, célèbre courtisane et reine des nuits parisiennes, aimée de Musset, probablement aussi de Liszt, et qui, rongée par la tuberculose, mourra ruinée à 23 ans à peine. Pourtant son souffle inonde toujours les cœurs, immortalisé par ses incarnations successives : Marguerite Gautier puis Violetta Valéry, la ”dévoyée” de La Traviata, une des plus belles figures de femme de tout l’opéra.

Au détour d’un séjour parisien, la pièce de Dumas-fils éveille l’inspiration lyrique de Verdi et lui offre l’occasion d’un tableau intimiste mettant à nu la mauvaise conscience de la société. Point de rencontre entre deux mondes antinomiques, le rêve de l’idylle bourgeoise et la réalité de la grande ville, entre la société parisienne, frivole, cynique, jouisseuse, et une autre société, paisible et provinciale, La Traviata impose une situation contemporaine, obligeant le public à se confronter à son propre univers quotidien. Verdi ose pour la première fois prendre, non un héros comme personnage principal, mais une héroïne, et qui plus est une prostituée ! Ici, ce sont les préjugés de la bourgeoisie qui brisent le destin de cette femme qui va trouver sa rédemption dans l’amour et la mort, dans ce sacrifice qui irradie toute l’œuvre. Et ce n’est pas un hasard si le livret multiplie les signes de la mise à mort, comme la venue de matadors, et souligne ainsi la tragique coïncidence entre la fête et la mort.

On a souvent reproché au compositeur son économie de moyens. Or c’est précisément cette économie musicale qui est ici resplendissante. Ce qui frappe, c’est le rythme que l’on entend dès l’ouverture puis dans tout l’opéra, comme une implacable pulsation cardiaque qui viendrait soutenir la musique, marquant la fête et l’entraînant dans une sorte de tourbillon.

La contemporanéité de l’action, la représentation de la société bourgeoise sont autant d’éléments qui convergent vers une nouvelle forme de théâtralisation : le drame de mœurs. Intrigue domestique teintée d’une indécence libertine, réalisme cru de la mort, réduction du nombre des protagonistes au sein d’un drame volontairement intimiste situent La Traviata en rupture avec l’opéra traditionnel. Chaque acte a sa propre unité d’expression qui s’inscrit dans le parcours émotionnel de Violetta qui, entrée ”dévoyée” au premier acte, sort en martyre au dernier. L’œuvre entière est ainsi balayée par ce double mouvement d’ascension intérieure et de déchéance sociale progressive. Mais La Traviata n’est pas seulement un mélodrame social, c’est l’opéra des regards, celui du compositeur sur son héroïne, celui d’une mourante sur le monde qui l’entoure et qui l’a conduite à choisir un destin tragique, c’est surtout l’opéra de l’amour absolu, total et triomphant qui continue malgré la mort. ”C’est Verdi et La Traviata qui ont donné un style à la Dame aux camélias” écrivit Marcel Proust. Mieux encore, ils lui ont donné une âme.

 

Intention de mise en scène : 

Amore e morte, amour et mort, tel était le premier titre choisi par Verdi, et ces deux pierres de touche de notre existence seront celles d’une mise en scène conçue comme un huis-clos où se débattra avec acharnement une dévoyée, seule personne réellement vivante, assistant impuissante à sa condamnation. Une grande pièce aux murs gris démesurés, une seule porte, seule issue, et une foule, toute de noir vêtue, réunie pour cette fête morbide – la prochaine mise à mort d’une créature engendrée par la société et qui croit pouvoir prendre sa liberté. La maladie et la mort lui rappelleront que ce n’est pas elle qui décide de son sort. Pauvre Violetta qui dans la déchéance trouvera le salut et son ultime victoire malgré tout car Alfredo sera à elle pour l’éternité.
On se placera dans cette fin de 19ème siècle étouffant sous les parfums lourds des convenances et Violetta passera du très corseté costume de demi-mondaine au dénuement quasi complet du dernier acte, en passant par le rêve éphémère et fleuri d’une possible vie normale à la campagne, le plus loin possible de ceux qui l’ont créée...Mais peut-on échapper à son destin ? Le traitement des maquillages, des coiffures, le choix des tissus et des lumières, respecteront une palette résolument réduite afin d’accentuer la cruauté d’une pièce où le drame humain est mis à nu. Il ne faut pas se tromper et aller derrière les rythmes entêtants de Verdi, chercher les aspérités de situations théâtrales vraies. Cet opéra du sacrifice est aussi celui de la solitude d’une femme et de tout être humain face à l’arbitraire. Que l’amour soit ici un prétexte importe peu, il s’agit avant tout de mettre en scène la lutte désespérée d’une héroïne 
étonnamment proche de nous.

Pierre Thirion-Vallet

DISTRIBUTION 

Avec :

Alice Gulipian / Violetta 

Sean Roh / Alfredo
Jenny Daviet / Annina 

Agnès Loyer / Flora 

François Lilamand / Gaston 

Ronan Airault / Baron Douphol

Samuel Le Bigot / Marquis d'Aubigny 

Hyalmar Mitrotti / Docteur Grenvil 

Chœur : Antonine Bon, Marie Brétel, Aurélie Ligerot, Emmanuelle Monier, Franck Giraud et Pablo Ramos Monroy

Orchestre Opéra Nomade

Coproduction : 

Opéra Nomade / Centre Lyrique Clermont-Auvergne

 

Direction musicale / Amaury du Closel

Mise en scène / Pierre Thirion-Vallet

Décor / Frank Aracil - Atelier Artifice
Costumes / Évelyne de Graeve - Véronique Henriot

Lumières / Véronique Marsy
Chef de chant / Daniel Navia
Surtitrage / David M. Dufort